Eternels émigrés (suite)

La suite du roman d’Ariane Vassilieva.

4 La maladie.- Les premiers jours à Paris.- Madame Renée (suite)

Je sanglote, je me plains à ma mère quand elle arrive, je lui raconte que c’était une fillette magnifique, merveilleuse et maman marmonne :
- C’est de la barbarie, la laisser mourir… là, devant les autres enfants.
Le soir j’ai de la fièvre. Pour me tranquilliser, me distraire, la sœur me couche dans un autre lit dans le coin le plus éloigné de la salle, près de la fenêtre. Ma nouvelle voisine est toute petite, elle n’a pas plus de cinq ans. Mais en revanche, maintenant je vois le ciel et le mur de la maison en face. Il pleut souvent, les fenêtres se couvrent de buée et alors je ne vois plus rien. Mais parfois le ciel s’éclaircit et se couvre de taches blanches cotonneuses. Ce le printemps. Il n’y a pas si longtemps nous avons fêté la nouvelle année. Maman n’avait pas pu acheter de sapin pour le nouvel an : pas assez d’argent. Elle avait amenée une branche de sapin. On l’avait mise dans un vase et on l’avait décorée. On avait mis des guirlandes bleues, une image colorée tirée d’un journal et entouré les aiguilles de fil de laine rouge. C’était remarquable, et le soir les invités étaient venus. Un seul invité, en fait, un Russe. Cette nouvelle connaissance a dit gaiment qu’à l’occasion du Nouvel An il me donnerait une poupée. J’étais ravie ! J’attendais avec impatience qu’il ouvre le paquet qu’il avait amené mais il n’y avait qu’un paquet de bonbons très chers. Et sur le couvercle, une tête en cire. Une très jolie tête avec des boucles en lin, mais pas de poupée. J’étais vexée et je refusais ses bonbons. Ce soir là maman a bu beaucoup de vin et elle riait trop fort en rejetant sa tête en arrière et en montrant ses dents blanches. Cachée derrière l’armoire je l’observais la regarder. Les oreilles collées à la tête, on aurait dit un. Quand ce bonhomme s’en alla, maman me fit la leçon. Il fallait dans n’importe quelle circonstance rester aimable et ne pas faire la tête pour des bêtises. Surtout si l’on te promet de t’aider et te trouver un bon travail. Ce Russe ne lui trouva aucun travail. Et c’est surement pas pour ça qu’il venait. Comme si je n’avais rien compris !

Quand je repense à notre vie à Paris je me demande encore comment nous avons réussi à survivre. Maman n’avait pas le caractère pratique de ma tante et elle faisait beaucoup trop confiance aux gens. Elle avait cru le docteur charlatan et s’était mise à pleurer sur mon sort pendant toute une semaine. Elle avait fait confiance au premier Russe venu, l’avait invité à la maison et Dieu sait ce qui aurait pu se passer.
De Constantinople à Marseille nous avions voyagé au hasard, sans aucun contact préalable pour trouver du travail et sans aucune recommandation. La Turquie n’avait pas besoin des intellectuels russes, en Turquie nous étions inutiles. Mais personne n’avait imaginé que ce serait la même chose dans un pays civilisé comme la France. En quittant Constantinople nous étions rempli d’espoir. Tante Lialia rêvait d’exercer la médecine en France, maman rêvait de faire du cinéma. La mauvaise connaissance du français importait peu – « Le Muet » n’était guère exigeant. A Constantinople on nous avait rebattu les oreilles avec toute sorte d’organisations de bienfaisance installées à Paris dans lesquelles des émigrés organisaient l’aide, accordaient des subsides, et donnaient du travail.
Fatigués, mais heureuses, nous sommes arrivées à Marseille et avons commencé à faire des bêtises. Nous nous étions installées dans un hôtel trop cher après avoir mis au clou un médaillon de la grand-mère. Il devait y rester pour toujours. Les déceptions ne tardèrent pas. Le diplôme de médecin de la tante n’était pas valable. Pour pouvoir exercer il lui fallait étudier de nouveau et payer les yeux de la tête pour les études. Où trouver cet argent, alors qu’elle avait deux enfants en bas âge sur les bras ? Pour cacher sa déception la tante se raccrocha à l’espoir revenu à ce moment là d’un retour rapide à la maison, en Russie.
-Bientôt, murmurait-on, – bientôt… Le Bolchévisme va s’effondrer. Dans un an au maximum. – Puisque c’est comme ça, raisonnait la tante, pourquoi diable me tracasser avec ce diplôme ?
L’argent du médaillon avait fondu et à Marseille il n’y avait pas la moindre organisation de bienfaisance. Alors on décida de tenter notre chance à Paris même : c’est peut-être là-bas qu’elle est cette mystérieuse organisation qui sauve les émigrés du désespoir le plus total. Il faillait de l’argent pour faire le voyage. Alors l’oncle Kostia s’engagea au port comme docker et la tante Lialia comme garde malade dans une clinique privée, tandis que maman restait sans travail. Après mure réflexion on décida de l’envoyer à Pris tenter sa chance dans les studios de cinéma. Mais elle ne réussit à trouver du travail qu’à l’usine Renault. Un travail dur, d’ouvrière non-qualifiée. Car il faut bien dire qu’elle n’avait aucune qualification. Elle ne savait rien faire. C’était une bonne actrice, elle aimait Tioutchev et avait peur des souris. Et pendant toute sa vie elle s’était efforcée de lire l’avenir. Elle retournait un verre qu’elle mettait dans un endroit et que l’on ne pouvait toucher jusqu’à une certaine heure. Si par hasard quelqu’un le retournait ou le mettait ailleurs c’était le signe d’un grand malheur. Maman commençait aussitôt à s’irriter et s’inquiéter. Ou alors elle divisait par trois. Elle notait vite le numéro d’immatriculation d’une voiture et  le diviser par trois. Si le nombre était divisible par trois, c’était bon signe, si non il fallait s’attendre à un malheur. Ou alors les passants. Un homme passe. S’il se retourne c’est bon signe. Ou mauvais signe. Ça dépendait de la couleur de ses cheveux. A vrai dire, à cette époque tous les hommes se retournaient sur elle !

Des organisations russes maman en trouva à Paris. Mais elles n’étaient pas de bienfaisance. Dans une organisation monarchiste on l’écouta, on compatit, mais il était hors de question de pouvoir l’aider. L’organisation arrivait à peine à joindre les deux bouts et n’avait qu’un seul but : libérer la Russie et y restaurer la dynastie. Aider les réfugiés de Constantinople à trouver du travail n’était vraiment pas son affaire. Maman débarqua même dans un bureau de l’Union Interarmes de Russie. Mais c’était un organisme exclusivement militaire, qui n’aidait personne et qui n’attendait que le signal pour aller libérer la Russie. Tout le monde attendait. On attendait en se querellant. En fin de compte qui donc avait anéanti la Patrie – les Romanoff, Kerenski, Vrangel, Denikine ?
Maman laissa tomber tous ces racontars sur des organisations de bienfaisance. De toute façon elle n’aimait pas s’abaisser, et se faire encore plus malheureuse qu’elle ne l’était.
Un beau jour de mars, je sortais de l’hôpital. On marcha un peu dans la rue puis on prit le métro. C’était mon premier voyage en métro. J’aimais beaucoup le métro. On fonce dans une sorte de tourbillon humain. Tout le monde court, file dieu sait où. Une vraie tour de Babel. On a à peine le temps de voir les visages. J’adorais aller quelque part au milieu d’une foule de gens bien habillés. J’en avais la tête qui tournait. A cause de la cohue ou d’un trop plein d’oxygène. Les murs du métro étaient couverts d’images. Maman m’explique que ses images sont des réclames. Certaines sont très drôles. Des oies portant des bonnets. Elles mangent une boîte de pâté d’oie et sur la boites des oies en bonnets qui mangent… Les Russes de Paris avaient fait de cette réclame une anecdote. Deux Russes ont rendez-vous dans le métro. – Mais dis moi, Vassia, comment je vais la trouver la station, je ne sais pas lire le français. – Tu n’as qu’à regarder, Fédia,- lui répond l’autre, – tu vois les oies qui mangent du cirage ? Eh bien quand tu les verras, tu descends et moi je serai la à t’attendre. Les pauvres ignoraient que des « oies qui mangent du cirage » il y en avait dans chacune des innombrables stations du métro parisien.
A côté des oies il y avait une magnifique réclame avec une négresse en robe noire et bonnet blanc elle est assise à côté d’un poêle salamandre. Au dessus de sa tête on voit des palmiers et un ciel bleu. Elle rêve de l’Afrique. Un peu plus loin c’est un bébé rose avec une toison de cheveux dorés. Il est beau et bien dodu et le matin on le lave avec le merveilleux savon parfumé Cadum. Et d’autres, et d’autres encore. Il y en a tant et tant. Des jeunes filles en maillot de bain plongent dans des verres de champagne, de la mousse blanche sort des boites de poudre à laver…. Je ne sais plus ou donner de la tête, et je tressaille quand le train grondant et rayonnant de lumière s’est approché du quai. Émerveillée je franchis  comme tout le monde l’espace entre le wagon et le quai, je m’assois sur le strapontin dur pour n’être qu’une parmi tous ces voyageurs parisiens assis dos à dos. Les portes se referment fracas et le train démarre. Un coup en arrière puis il s’en va pour de bon. On roule. Je respire l’air inconnu du souterrain. Je jette des coups d’œil émerveillés tantôt vers ma mère, tantôt vers la fenêtre derrière laquelle filent les murs gris du tunnel. Des lettres énormes, noires sur fond jaune, courent sur les murs. Maman lit  :
- Dubo… Dubon… Dubonnet.
- Qu’est-ce-que ça veut dire ?
- C’est une réclame pour du vin.

A la maison une surprise nous attendait. L’oncle Kostia était arrivé. Je piaille de plaisir et je lui saute au cou. Il m’attrape et me jette en l’air comme une plume. Il raconte. Les autres arriveront bientôt, très bientôt. Ils sont prêts à partir.On se sent mieux. L’oncle Kostia a trouvé un emploi de porteur à la gare. Il décharge les trains la nuit. Pendant la journée il dort sur notre lit. Il s’en va travailler le soir et revient au matin. La patronne de l’hôtel, Madame Renée, commence à s’occuper de moi et à me nourrir, pour de l’argent bien sûr.Elle était vive, bruyante et me bourrait de bonnes choses, bien au delà de ce que maman lui versait. Elle prenait mes mains maigres  et hochait la tête d’un air navré. Elle voulait absolument m’apprendre le français. C’est insensé ! , disait-elle. Comment peut-on se considérer comme une personne civilisée et ne pas parler le français.Mais ce n’était pas une bonne institutrice. Elle ne savait pas s’y prendre et la rapidité de son discours était inaccessible à mon oreille russe, très ralentie. Je ne comprenais aucun mot. On communiquait en faisant des grimaces et avec forces gesticulations.  Ça m’est resté. Et souvent on se moque de moi. J’accompagne toujours mes récits de gestes si je n’y prend pas garde. Renée me réveillait le matin. Elle arrivait et disait :- Nathalie ! – Et après – ta-ta-ta-, une vraie mitraillette. Totalement incompréhensible.Mais je savais ce qu’il fallait faire : me lever et aller déjeuner. Je m’habillait et on descendait. Madame Renée dévalait l’escalier alors que je descendait tout doucement. Elle se retournait et me traitait de petite vieille.Renée voulait que je rie et que je joue. Mais je n’avais personne avec qui jouer et j’avais peur de sortir dans la rue. Et si quelqu’un me demandait quelque chose et je ne puisse pas répondre ? Qu’est-ce-que l’on penserait de moi ? Que j’étais muette ?Je pensais alors que Paris était constitués de rues ressemblant toutes à la rue Mouffetard, sales et étouffées par les maisons. Il y avait ici de nombreux hôtels et petites boutiques très bon marché.Sur les pavés, le long des trottoirs il y avait des charrettes couvertes de bâches. On vendait toute sorte de légumes : des salades de toute sorte, du fenouil, du persil, des céleris, des radis rouges qui craquait sous la dent, des oignons, de l’ail. Tout était très frais, couvert de rosé du matin. Ca sentait bon. Les patrons étaient assis, très dignes, sur de chaises pliantes et vantait à tue tête les mérites de leur marchandise.
La rue était la plupart du temps à l’ombre. Aucun arbre sur toute sa longueur.Après déjeuner Madame Renée allait faire les courses et m’emmenait avec elle. Je voulais porter un de ses sacs mais elle refusait et pour m’empêcher de bavarder dans ma langue barbare et complètement incompréhensible elle me fourrait dans la bouche un sucre d’orge. Elle en avait toujours en réserve au cas où. On achetait de tout. Enfin, c’est elle qui achetait, moi je restait à côté et je regardais. Parfois elle bavardait avec la vendeuse et me désignait à la dérobée. La grosse vendeuse se tournait vers moi à grand peine et me regardait d’un air morne. De retour à l’hôtel, j’allais dans la chambre et je m’asseyait  sans bruit pour ne pas réveiller l’oncle Kostia. Il avait pris un coup de vieux depuis Antigone. Il avait de gros cernes sous les yeux, des rides aux coins de la bouche. Son sommeil était agité, il se tournait et gémissait. J’avais pitié de lui et j’en avais les larmes aux yeux.
Le temps se traînait jusqu’au dîner. Au dîner on mangeait de la soupe dans une grande assiette. Il y avait toutes sortes de choses dans cette soupe. C’était toujours très bon. Le mari de Madame Renée dînait avec nous. C’était un petite homme sec, plutôt ennuyeux. Dès que Monsieur ouvrait la bouche pour dire quelque chose Madame l’interrompait de sa voix aiguë. J’avais l’impression qu’ils se fâchaient mais à la fin du repas chacun allait de son côté l’âme en paix. Quand je vins à table pour la première fois, Monsieur versa un verre de vin à tout le monde, moi y compris. Je regardais ce verre bouche bée, les yeux écarquillés. Chez nous les enfants n’avaient pas le droit de boire du vin. Un jour Pétia avait trempé ses lèvres dans le verre de l’oncle Kostia et cela avait provoqué un scandale.
- Quoi ? C’est un enfant et il apprend à boire de l’alcool  ? Ce sera un ivrogne ! Il finira clochard !
Bien sur je protestait et j’écartais le verre. Mais Monsieur, la cruche à la main, semblait surpris.
– Pourquoi ces fantaisies? (en français dans le texte). Je sautai de ma chaise et me précipitai vers le robinet. Je fis couler l’eau et bu dans me mains en prenant un air béat. Monsieur se rejeta sur sa chaise, et reposa la carafe manquant de renverser le vin. Il avait les yeux écarquillés, les sourcils levés, le font plissé. Madame bondit à son tour et se mit à caqueter en essayant de m’éloigner de l’évier et en me montrant que boire de l’eau ferait naître des grenouilles dans mon ventre. Et pour bien me faire comprendre elle pointa son index sur mon ventre et faisant :
-Quoa, quoa.
Puis elle écarta les doigts, les mains collées à son visage comme pour représenter une grenouille qui saute.Mais je tins bon et on ne me donna plus de vin. On condescendait a me verser de l’eau bouillie, colorée toutefois d’une goutte de Bordeaux.
Après la soupe on nettoyait son assiette avec un bout de baguette. On la retournait et Madame Renée y servait le dessert. Quelque chose de sucré ou un petit-suisse enveloppé dans son papier.
Cette habitude de manger sur le dos de l’assiette était surprenante . Je copiais attentivement les gestes de Madame pour ne pas faire de gaffe. J’étais toujours très tendue et j’avais une peur panique que l’on me prenne pour une sauvageonne, sortie de sa jungle et ignorant de quel côté on tient une fourchette. Mais Madame était bienveillante, très bienveillante.
Un autre détail. Les Russes mangent beaucoup de pain au trois repas. alors que les Français en mangent surtout au petit déjeuner sous forme de sandwichs. Chez Madame Renée je perdis l’habitude de manger du pain ce qui provoqua ensuite chez nous de nombreuses réprimandes.
– Mange avec du pain !
- Où est ton pain ?
- Tu manges encore sans pain !
Pour éviter les remarques je tenais mon pain dans ma main mais ne le mangeait pas. J’en faisais des miettes que je glissais sous l’assiette. Et quand on la soulevait, les miettes de pain avaient dessiné un rond parfait.
Petit à petit je devins plus hardie et j’allais au cinéma du quartier. Les enfants français ne travaillaient pas le jeudi et les billets étaient moins cher : 25 centimes ou 5 sous. C’était une pièce rigolote avec un trou au milieu. Le soir, quand nous étions seules maman et moi nous bavardions et nous jouions beaucoup en riant aux éclats avant de nous endormir. Nous dormions dans le même lit, moi contre le mur et elle au bord. Elle s’endormait immédiatement tandis que moi, comme d’habitude, j’avais des insomnies, je  rêvassait, composait des vers, je repensais à des tas de choses. Je pensais à Madame Renée. J’avais pitié d’elle. Elle riait beaucoup, était toujours élégante tandis que son mari était ennuyeux et sans doute un rapiat de première. Quand elle avait du temps libre Madame Renée se faisait belle. Elle mettait une belle robe, un collier, des boucles d’oreilles. Elle virevoltait  devant la glace puis enlevait tout remettait son filet sur la tête et se reprenait ses va et viens dans la maison. Ils n’avaient ni enfants, ni amis et devaient s’ennuyer à cent sous de l’heure.
Parfois mes rêveries étaient interrompues par le réveil de maman qui souvent se redressait d’un bond au milieu de la nuit. Elle s’asseyait alors au bord du lit, le dos voûté, soutenant sa tête, les bras appuyés sur les genoux, ses deux nattes de chaque côté du visage.
- Maman, qu’est-ce-que tu as ?
- Rien, rien… Pourquoi tu ne dors pas ? Rendors-toi vite.
Alors elle se levait, marchait dans la pièce, allait boire un peu d’eau puis se recouchait. De nouveau je n’entendais plus sa respiration. Ça me faisait peur. Était-elle morte ? En c’est seulement après m’être rendue compte que sa poitrine se soulevait régulièrement que je me calmais et me tournait vers le mur.

Un beau jour Madame Renée nous apporta un télégramme. Les nôtres avaient quitté Marseille ! Je sautais de joie en riant… pour perdre aussitôt connaissance.Quand je revins à moi je vis deux têtes au dessus de moi : maman et Madame Renée. Toutes les deux effrayées. Maman pleurait  tandis que Madame la réprimandait sévèrement. Je souris péniblement.
- Qu’est-ce-qu’elle dit ?
- Elle me reproche la révolution. Elle dit qu’on aurait mieux fait de faire la révolution tous seuls sans mêler de jeunes enfants à cette sale affaire.
- Qu’est-qu’elle en sait ?
Madame nous écoutait puis elle interrompit brutalement notre dialogue.
- Mais enfin ! Vous allez la relever, oui ou non ?

A suivre

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