Les memoires d’Alexandre Ougrimov

Alexandre Alexandrovitch Ougrimov eut une vie peu banale et pour tout dire, tragique. Il est né en 1906 en Suisse où résidaient ses parents, qui sont rentrés en Russie en 1908. Sa famille, considérée comme « anti-bochevique » a été expulsé d’Urss en 1922. Après avoir vécu en Allemagne, où Alexandre Ougrimov a obtenu un diplôme d’ingénieur, la famille s’installe en France. Alexandre Ougrimov travaille alors à l’École Nationale Supérieure de meunerie et des Industries Céréalières (ENSMIC). Il participe activement au mouvement des Mladorossi. En 1932 il épouse Irina Nikolaievna Mouraviova. Leur fille Tatiana naît deux ans plus tard. En 1937 il quitte le mouvement des Mladorossi. En 1940, sous l’occupation Allemande, Ougrimov, son épouse et sa fille s’installent à Dourdan (au sud de Paris). Alexandre devient responsable de la production du moulin de Dourdan. Il y organise un groupe de résistants. En 1944, il participe à la création de « l’Amicale des volontaires et partisans russes de la résistance » dont il devient président. Il est décoré de la Croix de Guerre en 1946. Cette même année il s’installe à Annecy et devient directeur du moulin de l’entreprise Clechet. Ougrimov tombe alors dans le piège de la propagande stalinienne qui assure que les émigrés seront les bienvenus en URSS. Il obtient la citoyenneté soviétique et participe à la création de « L’Union des citoyens soviétiques en France ». En 1947, au début de la guerre froide, Ougrimov est arrêté et expulsé de France avec les dirigeants de « l’Union des citoyens soviétiques ». Début 48 il arrive en Allemagne dans la zone d’occupation soviétique. En mars de la même année il arrive à Moscou. Il travaille ensuite comme adjoint de l’ingénieur en chef d’un « combinat meunier » à Saratov ( à 800 km au sud-est de Moscou). Quelques mois plus tard, en juin 1948, il est arrêté est emprisonné a la prison Lefortovo de Moscou. Six mois plus tard, en décembre, à l’issue d’une enquête il est condamné à 10 de travaux forcés au camp « à régime spécial » de Vorkouta, le plus terrible du GOULAG. Ougrimov est libéré en 1954, un an après la mort de Staline. La même année on lui donne le droit de s’installer à Moscou où il travaille comme interprète. Il rencontre Soljenitsyne en 1966 et l’aide à faire passer à l’Ouest « l’Archipel du GOULAG ». Ougrimov meurt à Moscou en 1981. Sans Rature a voulu lui rendre hommage en traduisant des extraits de ses mémoires : « De Moscou à Moscou en passant par Paris et Vorkouta » dont on peut lire ici le texte en russe.

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